De nombreuses études montrent que l'infertilité involontaire dans les pays occidentaux est responsable d'effets psychologiques, tels que la détresse, la dépression, l'anxiété, une diminution de l'estime de soi, une baisse de la libido, ainsi qu'un sentiment de perte de contrôle, de culpabilité et de honte.
L’infertilité touche environ 6 % des couples aux États-Unis et entre 10 % et 20 % des couples en Europe.
Elle affecte les couples de différentes manières et représente une crise majeure dans la vie de nombreux couples qui ne parviennent pas à concevoir.
L'infertilité est une maladie caractérisée par l’incapacité d’obtenir une grossesse après 12 mois de rapports sexuels réguliers et non protégés, ou résultant d’une altération de la capacité d’une personne à se reproduire, que ce soit seule ou avec son/sa partenaire.
Une prise en charge peut être envisagée avant un an en fonction des antécédents médicaux, sexuels et reproductifs, de l’âge (notamment supérieur à 35 ans), de l'examen clinique et des tests diagnostiques.
Environ un couple sur quatre a des difficultés à concevoir un enfant, l’origine de l’infertilité est à la fois féminine et masculine dans près de 40 % des cas.
Dans 8 % des cas, on ne retrouve pas de cause (infécondité idiopathique).
Chez la femme, les causes d'infertilité les plus souvent retrouvées sont :
- Des troubles de l’ovulation dans un tiers des cas,
- Une anomalie tubaire dans un quart des cas,
- Des causes diverses dans 16 % des cas (dont 4 % d’endométriose)
Chez l'homme, on retrouve parmi les causes :
- Une diminution de la concentration des spermatozoïdes, de leur mobilité ou des anomalies de leur morphologie dans 49 % des cas
- Une azoospermie dans 9 % des cas.
Les chances de grossesse des couples normalement fertiles sont d’environ 25 % par cycle à l’âge de 20 ans et diminuent avec le temps. En effet, la fertilité diminue progressivement dès 30 ans, surtout entre 35 et 40 ans, et devient presque nulle à 45 ans.
Un autre facteur souvent mis en cause dans la fertilité est le tabagisme de la femme. Des études ont montré que celle-ci était diminuée de 15 % chez les fumeuses. L’excès d’alcool, chez la femme comme chez l’homme, la prise de drogues, l’excès de poids et la maigreur excessive chez la femme sont également susceptibles de diminuer les chances de succès d’avoir un enfant ou d’augmenter les complications durant la grossesse.
Il faut distinguer les inductions de l’ovulation destinées à corriger un trouble de l’ovulation de celles destinées à un recrutement pauci-folliculaire (2 à 3 follicules) en vue d’insémination intra-utérine, ou pluri-folliculaire (une dizaine de follicules) en vue de fécondation in vitro.
Quelle qu’en soit l’indication, aucune stimulation de l’ovulation ne doit être initiée sans avoir vérifié au préalable l’état des trompes et apprécié la qualité de l’ovulation et le sperme du conjoint.
Des traitements inducteurs de l’ovulation peuvent être utilisés par voie orale ou par injection sous-cutanée.
C’est la technique d’assistance médicale à la procréation la plus simple et la plus ancienne. Le plus souvent, un traitement de stimulation ovarienne préalable est prescrit à la femme afin d’obtenir le développement d’un ou deux follicules (voire trois selon les circonstances). Le développement folliculaire est suivi par échographie et prise de sang (dosages hormonaux).
Lorsque le ou les follicule(s) sont matures, l’insémination est programmée. Le médecin, à l’aide d’un fin cathéter, dépose les spermatozoïdes à l’intérieur de l’utérus. Les spermatozoïdes mobiles remontent naturellement vers les trompes à la rencontre de l’ovocyte. La fécondation se fait selon le processus naturel, « in vivo » puisqu’elle se passe à l’intérieur du corps de la femme.
Cette technique, dite « in vitro » car la fécondation se passe à l’extérieur du corps de la femme, se déroule en plusieurs étapes :
- Durant la stimulation ovarienne, un contrôle par échographies pelviennes et dosages hormonaux du nombre et de la taille des follicules en développement est mis en place. Lorsque les follicules ont atteint une taille suffisante, l’ovulation est déclenchée à l’aide d’une injection.
- La ponction folliculaire réalisée par voie vaginale sous contrôle échographique, puis les gamètes sont préparées au laboratoire.
- La mise en fécondation et développement embryonnaire : les spermatozoïdes préparés sont déposés au contact des ovocytes dans une boîte de culture contenant un milieu liquide nutritif et placée dans un incubateur à 37 °C. Tous les ovocytes ne sont pas forcément fécondés. Les zygotes (ovules fécondés) deviennent des embryons de deux à quatre cellules en 24 heures, puis de six à huit cellules 24 heures plus tard. Dans la majorité des cas, les embryons sont transférés deux à trois jours après la ponction.
- Le transfert embryonnaire réalisé au moyen d’un cathéter fin et souple introduit par voie vaginale dans l’utérus. L’embryon est déposé à l’intérieur de l’utérus et s’y développe jusqu’à son implantation.
Le nombre d’embryons obtenus peut être supérieur au nombre d’embryons transférés. Dans ce cas, les embryons non transférés dits « surnuméraires » et qui présentent des critères de développement satisfaisants peuvent être congelés. Ces embryons, après décongélation, pourront être placés dans l’utérus de la femme à une date ultérieure sans qu’il soit nécessaire de réaliser une nouvelle FIV.
La fécondation in vitro avec ICSI consiste en l’injection d’un seul spermatozoïde dans l’ovocyte. L’ICSI impose une préparation spéciale des ovocytes et des spermatozoïdes. Sous contrôle d’un microscope, le biologiste maintient l’ovocyte avec une micropipette et, avec une autre micropipette, aspire le spermatozoïde sélectionné puis l’injecte à l’intérieur de l’ovocyte.
Les étapes suivantes sont identiques à celles de la fécondation in vitro classique.
- Courbiere B, Lacan A, Grynberg M, Grelat A, Rio V, Arbo E, Solignac C. Psychosocial and professional burden of Medically Assisted Reproduction (MAR):
Results from a French survey. PLoS One. 2020 Sep 24;15(9):e0238945. doi: 10.1371/journal.pone.0238945. - LundR, Sejbaek CS, Christensen U, Schmidt L. The impact of social relations on the incidence of severe depressive symptoms among infertile women and men.HumReprod.2009;24:2810–2820. https://doi.org/10.1093/humrep/dep257
- De Mouzon J. Epidémiologie de l‘infertilité. Physiologie, pathologie et thérapie de la reproduction chez l’humain. Springer, Paris. 2011 : 113-119.
- Zegers-Hochschild F. et al..The International Glossary on Infertility and Fertility Care, 2017. Hum Reprod. 2017; 32: 1786–1801.
https://doi.org/ 10.1093/humrep/dex234 - Les médicaments inducteurs de l’ovulation : les gonadotrophines. Recommandations. Actualisation 2007.
- https://www.procreation-medicale.fr