L’endométriose est liée à la présence de tissu semblable à la muqueuse utérine en dehors de l’utérus. C’est une maladie essentiellement chronique et inflammatoire qui est classiquement localisée au niveau du péritoine pelvien (membrane qui entoure tous les organes de l’abdomen), des ovaires, de la cloison recto-vaginale ou de la vessie mais qui peut se localiser ailleurs (poumons, diaphragme entre autres) dans certains cas moins fréquents.
C’est une maladie de longue durée et très hétérogène d’une femme à l’autre.
L’endométriose est difficile à diagnostiquer.
L’interrogatoire réalisé par le professionnel de santé permettra de recueillir les antécédents gynéco-obstétricaux et chirurgicaux ainsi que l’histoire de la maladie (âge des premières règles et symptômes ainsi que les traitements médicaux déjà essayés).
Un examen clinique gynécologique peut également être réalisé pour rechercher des anomalies telles que des lésions bleuâtres visibles dans le vagin, des masses au niveau des ovaires ou encore des douleurs pelviennes lors de l’examen.
Enfin, des examens complémentaires peuvent être prescrits tels qu’une échographie vaginale réalisée par un radiologue spécialisé, une IRM complémentaire, un bilan échographique rénal pour éliminer des anomalies rénales qui peuvent compromettre le rein dans certains cas d’endométriose (hydro-néphrose) ou encore une échographie transrectale pour détecter des lésions intestinales.
La douleur est le symptôme principal mais non exclusif. Il peut exister différents ressentis selon les femmes. Cette douleur peut se présenter sous différentes formes mais n’est pas synonyme d’endométriose. Elle peut être associée à des symptômes non gynécologiques (en particulier urinaires et/ou digestifs).
Les principaux symptômes de l’endométriose sont :
- Une fatigue chronique
- Des troubles digestifs
- Des douleurs ressenties lors des rapports sexuels
- Des douleurs lombaires ou des membres inférieurs
- Des saignements anormaux
- Des troubles urinaires
En moyenne, les femmes souffrant d’une endométriose déclarent 4,6 symptômes.
Les traitements médicamenteux
Selon les dernières recommandations de la Haute autorité de santé et du Collège national des gynécologues et obstétriciens de France (HAS/CNGOF 2017), le traitement médical, moins invasif que la chirurgie, est toujours à privilégier dans un premier temps.
Les objectifs du traitement médical sont :
- Soulager les symptômes
- Limiter l’évolution de l’endométriose et ses conséquences
- Limiter les récidives en post opératoire
Choisi en concertation avec la patiente, il tient compte des contre-indications des médicaments, des effets indésirables possibles, de l’état de santé de la personne. Le traitement choisi sera revu régulièrement par le professionnel de santé, dès l’apparition de nouveaux symptômes ou l’aggravation de symptômes connus.
Les traitements contre l’endométriose peuvent être non hormonaux comme les antalgiques ou hormonaux tels que la contraception hormonale combinée, les progestatifs (dispositif intra-utérin hormonal ou par voie orale, implant) ou encore un agoniste ou un antagoniste de la GnRH (+ add back thérapie) en 2ème ligne de traitement.
Les thérapies complémentaires
Elles doivent être proposées associées aux traitements conventionnels afin d’améliorer les douleurs et la qualité de vie des patientes atteintes d’endométriose. Elles sont : l’acupuncture, la neurostimulation transcutanée (TENS), l’ostéopathie, le yoga ou encore la kinésithérapie pelvienne.
La chirurgie
La chirurgie d’endométriose est indiquée après échec des traitements médicamenteux ou en première intention en cas d’atteinte sévère, et parfois dans certaines situations d’infertilité. Elle se fait dans la majorité des cas par coelioscopie. Dans de rares cas, l’ouverture abdominale peut être néanmoins nécessaire.
Références :
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La chirurgie peut être un traitement curatif pour les fibromes utérins (hystérectomie), mais elle ne convient pas à toutes les patientes. Il est donc essentiel de proposer des alternatives médicales pour traiter les fibromes.
Très fréquent chez les femmes en âge de procréer, il reste, dans la majorité des cas, asymptomatique. On estime que sa prévalence se situe entre 20 et 40% au cours de la période d’activité reproductive. En Europe, plus de 14 millions de femmes présenteraient des symptômes liés aux fibromes, avec un impact notable sur leur qualité de vie.
Les principaux symptômes observés sont des troubles du cycle menstruel, tels que la ménométrorragie, associant des règles abondantes (ménorragie) et des saignements entre les menstruations (métrorragie), accompagnés parfois de douleurs pelviennes. À ce jour, il n’existe pas de traitement médical permettant de faire disparaître complètement les fibromes, mais différentes options thérapeutiques permettent de soulager efficacement les symptômes associés.
En France, le fibrome utérin représente l’une des affections gynécologiques les plus courantes et constitue la première cause d’hystérectomie. Cette chirurgie, bien qu’efficace, ne convient pas à toutes les patientes, d’où la nécessité de développer et proposer des alternatives thérapeutiques adaptées.
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